Article sur le compostage des déchets ménagers

L'article complet sur le compostage des déchets ménagers

L'autre façon d'alléger sa poubelle! Et si on se mettait au compostage ?
Idée farfelue pour les uns, rétrograde pour les autres, c'est en réalité un bon moyen de réduire quantité et coût de traitement des déchets.
Réduire la quantité de déchets dans la poubelle de 30 à 40 % et alléger d'autant la facture d'ordures ménagères. Une idée séduisante, en ces temps où la note ne cesse de grimper.
Comment faire ? En compostant! L'idée fait souvent sourire. Pas assez futuriste, paraît-il, voire ringard. C'est pourtant une solution efficace. La preuve avec la Communauté de communes de la Porte d'Alsace (68). Les chiffres valent mieux qu'un long discours : une facture de 52 euros par habitant en 2005 pour les ordures ménagères contre 83 euros en moyenne en France.
La recette ? Le remplacement de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères basée sur la valeur foncière du bâti par une redevance fixée en fonction du poids de déchets collectés. Du coup, on composte, on trie et on n'envoie que 100 kg/an par habitant à l'incinération ou en décharge, contre une moyenne de 290 kg dans l'Hexagone.
Composter pour moins payer À l'étranger, la mode est même aux stratégies « zéro déchet ». Il s'agit de détourner 60 à 80 % du traitement en poussant le tri et le compostage à leur maximum. En France, c'est exactement l'inverse, 82 % des ordures partent à l'incinérateur ou à la décharge. Pour le plus grand profit des industriels du déchet, pas pour celui des ménages. Le ministère de l'Écologie a bien tenté de redresser la barre, fin 2006, en lançant un plan national en faveur du compostage domestique, mais l'opération ne fait guère de bruit. Son objectif : convertir 100 000 foyers par an au compostage. « Un manque d'ambition flagrant, regrette Hélène Bourges, en charge des alternatives à l'incinération au Cniid (Centre national d'information indépendante sur les déchets). Le plan reste muet sur le compostage collectif et de quartier alors que c'est le seul moyen de détourner les 30 % de déchets organiques que contiennent les poubelles de l'incinération. Ce n'est pas avec 100 000 composteurs individuels par an qu'on va y arriver. » Pourtant, le compostage collectif, ça marche.
À Saint-Philbert-de-Bouaine, en Vendée, tout le monde s'est converti. Apporter son bio bac ou son bio seau rempli des déchets de cuisine à la plate-forme de compostage ou les transformer en compost dans son jardin est un réflexe pour 86 % des 2 800 habitants. Un record national qui s'explique par le refus d'un centre d'enfouissement et l'intérêt bien compris. Car on paie ce qu'on jette, rien de plus. Le montant de la redevance dépend de la fréquence à laquelle on présente son conteneur au ramassage. Or, une fois qu'on a enlevé tous les déchets de cuisine à l'origine des mauvaises odeurs quand ils pourrissent et trié tous les emballages à part, la poubelle se remplit lentement et sans incommoder. Résultat : les adeptes du compostage sortent leur conteneur une fois toutes les quatre ou six semaines au lieu d'une fois tous les quinze jours. Et ça fait une fameuse différence sur la facture finale, avec une économie de 50 à 70 euros par an pour une famille. En plus, le compost obtenu est restitué gratuitement aux demandeurs. Fini l'achat d'engrais pour les jardins, et les rendez-vous compost ont même ramené de la convivialité dans la commune.
Les industriels du déchet freinent Mais, bizarrement, en dépit de son incontestable réussite, ce modèle de compostage urbain ne fait pas école. Clément Sauvaget, le très tonique adjoint à l'environnement qui n'a pas ménagé sa peine pour que le projet voie le jour, a sa petite idée sur la question : « Notre plate-forme de compostage s'inscrivait dans une démarche citoyenne, pour que ça marche, il a fallu obtenir l'adhésion de tous, informer, communiquer et convaincre. Pour un élu, c'est beaucoup plus simple de confier la gestion des déchets à un industriel. Cela coûte plus cher, mais c'est du clé en main, on délègue tout. L'autre raison, c'est que les industriels du déchet n'ont aucun intérêt à ce que le compostage se développe. En effet, comme ils sont payés aux tonnages envoyés dans leurs installations, 30 % de déchets organiques compostés qui leur échappent, c'est du chiffre d'affaires en moins. Alors vous imaginez bien qu'ils usent de toute leur influence pour décourager les élus tentés de se lancer. » C'est tellement plus écolo. L'autre intérêt du compostage, c'est que lui seul permet de trier et de recycler au maximum. Les déchets de cuisine, ça brûle mal, les incinérateurs ont par conséquent besoin de plastiques et de papier, beaucoup plus combustibles. Mais il est moins coûteux et plus écologique de recycler ces matériaux. Alors, si la facture déchets grimpe un peu trop, vous savez ce qu'il vous reste à faire : vendez le compostage à vos élus !

Comment composter ? Dans un composteur ou en tas, c'est affaire de place. Le tas convient aux grands jardins et aux grosses quantités de déchets, il doit se trouver à l'ombre et à l'abri du vent. Le bac à compost s'installe plutôt dans un coin ensoleillé. Discret, il n'attire pas les animaux. Le bac a ses contraintes : il faut aérer en brassant régulièrement et alterner les couches entre déchets humides et déchets secs, déchets fins qui tassent et déchets grossiers qui laissent circuler l'air. Le brassage régulier est moins nécessaire pour le compost en tas.

Conseils pratiques Les tontes de gazon sont très humides, il vaut mieux les laisser sécher avant de les intégrer au compost. Les feuilles mortes sont un excellent réservoir de matière sèche. L'idéal est de les stocker en tas pour les intégrer au fur et à mesure des besoins. Il faut arroser si le compost paraît sec. Recouvrir les déchets de cuisine d'une couche sèche (feuilles mortes, carton, déchets verts broyés...) évite l'invasion de mouches et de guêpes. Les gros déchets doivent être coupés en petits morceaux.

Télécharger le programme de stages de formation au compostage (format pdf) Elisabeth Chesnais

Retour haut de page
Site réalisé et suivi par: Le média des villages - Reproduction et copie réservées